Géographie
D’une superficie de 69 700 km2 (un peu moins que la Belgique et les Pays-Bas réunis), la Géorgie est baignée à l’ouest par la mer Noire et bordée par les chaînes du Grand Caucase au nord et du Petit Caucase au sud. Elle a pour voisins la Turquie au sud-ouest, l’Arménie au sud-est et l’Azerbaïdjan à l’est. Le long de la frontière nord s’étend la Fédération de Russie avec, d’ouest en est, le territoire de Krasnodar et les Républiques de Karatchaï-Tcherkessie, de Kabarda-Balkarie, d’Ossétie-du-Nord-Alanie, d’Ingouchie, de Tchétchénie et du Daghestan.
36% de la superficie se trouve à une altitude supérieure à 1 500 m. Tout le nord est montagneux, avec sur la frontière deux sommets dépassant les 5 000 m : le mont Chkhara, 5068 m, et le mont Kazbek, 5 037 m.
Située sur la faille caucasienne, la Géorgie est sujette aux tremblements de terre.
Population et démographie
Quelques chiffres :
Minorités :
Religions :
Régions à statut particulier, avant l’éclatement de l’U.R.S.S :
Conflits en Abkhazie et en Ossétie du Sud (réfugiés géorgiens d’Abkhazie : 250 à 300 000).
Taux d’urbanisation : entre 55 et 60%
Principales villes :
Langue
La langue officielle est le géorgien, langue du groupe des langues caucasiennes, qui compte un peu plus de 4 millions de locuteurs. Le géorgien possède sept cas de déclinaisons, une conjugaison pluripersonnelle et un alphabet original de 33 lettres (mkhedrouli). Sa tradition littéraire remonte au Ve siècle. L’orientaliste, linguiste et historien Marie Félicité Brosset a été le premier à faire connaître en France, à partir des années 1830, la langue et la culture géorgiennes, publiant notamment des fragments de traduction du Chevalier à la peau de panthère de Chota Roustaveli, chef-d’œuvre de la poésie épique médiévale, écrit à la fin du XIIe siècle. Pendant la période soviétique, le géorgien est devenu langue d’enseignement de masse et s’est développé dans les domaines de la littérature, du cinéma et des écrits scientifiques, même si toute la population alphabétisée savait d’autre part lire, écrire et parler le russe. Depuis l’indépendance, le géorgien est la langue exclusive des écrits officiels.
Le géorgien connaît plusieurs dialectes. Lui sont également apparentées deux langues non écrites parlées dans l’ouest de la Géorgie, le svane et le mingrélien, ainsi que le laze, proche du mingrélien, langue aujourd’hui disparue, naguère parlée dans une zone actuellement rattachée à la Turquie et limitrophe de la Géorgie.
En Géorgie, on parle également russe, arménien, azéri, ossète, abkhaze, et d’autres langues.
Les textes de la Genèse, les mythes grecs de Prométhée et de la Toison d’or ont prolongé jusqu’à nous la fascination qu’exerça sur les Anciens la Géorgie, contrée lointaine aux richesses fabuleuses. Frontière naturelle de l’Europe, point de jonction entre l’Orient et l’Occident, la Géorgie a cessé d’être un pays mythique. Suite aux extraordinaires découvertes l’année 1999 à Dmanissi (site préhistorique à 100 km au sud de Tbilissi) - 2 crânes d’homo erectus -, puis en août 2001, un troisième crâne- on sait maintenant que le pays a été occupé par l’homme dès le paléolithique (1 700 000 - 1 800 000 avant J.-C.).
Les découvertes archéologiques de ces 25 dernières années confirment qu’en Géorgie se sont épanouies de brillantes civilisations pratiquant très tôt l’agriculture (au VIIe millénaire avant J.-C.) et la civilisation de la Koura et de l’Araxe aux IVe et IIIe millénaires avant J.-C. à laquelle succèdent la civilisation des tumulus et la civilisation colchidienne, toutes deux remarquables par leur métallurgie du bronze. Les Géorgiens (qui se nomment eux-mêmes Kartveli) appartiennent à la plus ancienne population autochtone du Caucase. D’après les études linguistiques, confirmées par les découvertes archéologiques, il semble que des tribus géorgiennes étaient déjà présentes dans le Caucase dès le IIIe millénaire avant J.-C. Elles auraient évolué sur place en Géorgie jusqu’à la formation du royaume ibère à la fin du premier millénaire avant J.-C. qui les souda politiquement et culturellement, avant que le christianisme ne donnât une nouvelle unité au peuple géorgien (au IVe siècle)
Institutions et vie politique
Indépendante depuis le 9 avril 1991, la Géorgie forme, au terme de la Constitution du 24 août 1995, " un État de droit indépendant, unifié et indivisible " et " une République démocratique ". Son nom officiel est " Géorgie " sans aucun autre développement (de 1990 à 1995 " République de Géorgie "). Le régime est de type semi-présidentiel, avec un contrôle réciproque des pouvoirs et un rôle prépondérant du Président élu au Suffrage Universel. Le règlement définitif d’un certain nombre de dispositions constitutionnelles est subordonné à la résolution des conflits ethniques et à la restauration de l’intégrité territoriale qui devrait en résulter.

Le Président, qui dispose de pouvoirs exécutifs importants, est élu pour cinq ans. Mikhaile Saakachvili remporte l’élection présidentielle du 8 janvier 2008 dès le premier tour avec 52 % des voix (contre 25,26% pour Levan Gachechiladze son principal opposant)4. Victoire qui sera confirmée cinq mois plus tard par les élections législatives du 22 mai où le parti de Saakachvili, le Mouvement d’union national, obtient une majorité écrasante avec 63% des voix, contre 13% pour ses opposants. La validité de l’élection est contestée par l’opposition et l’OSCE5. Saakachvili décide de partir à la reconquête des provinces autonomistes géorgiennes, et plus particulièrement, de l’Ossétie du Sud. Ainsi l’armée géorgienne pénètre-t-elle le 7 août le territoire de la république ossète autonome. Le lendemain, à la mi-journée, le ministre de l’Intérieur géorgien déclare que les troupes géorgiennes occupent entièrement le territoire de la république dissidente. Cependant, dans les heures qui suivent la Russie intervient et reprend le contrôle de la capitale ossète Tskhinvali6. Le 15 septembre 2008, les 27 États membres de l’Union européenne décident de déployer une mission d’environ 200 observateurs civils chargés de contribuer à la stabilité régionale conformément à l’accord en 6 points signé le 6 septembre. Cette mission est dénommée "EUMM Géorgie".

Le Parlement, monocaméral, composé de 150 membres élus pour quatre ans selon un panachage des modes de scrutin proportionnel et majoritaire. Les dernières élections ont eu lieu le 21mai 2008. Le Parlement exerce le pouvoir législatif et contrôle le gouvernement. Le président du Parlement est David Bakradze
Depuis la réforme constitutionnelle de fin janvier 2004, l’appareil d’État, a connu des modifications importantes. Le gouvernement est actuellement dirigé par un Premier Ministre, Zourab Noghaideli, ancien ministre des Finances, qui a succédé à l’ancien premier ministre, Zourab Jvania, après son décès le 3 février 2005.
Accords internationaux
La Géorgie a adhéré au FMI le 5 mai 1992, à l’Organisation de coopération économique de la mer Noire (OCEMN) le 25 juin 1992, à la Banque mondiale le 8 juillet 1992, à l’ONU le 31 juillet 1992, à la CEI le 23 octobre 1993. Elle a signé un traité d’amitié et de coopération avec la Russie le 3 février 1994 (ce traité n’a jamais été ratifié par la Douma et un nouveau texte est en cours de négociation), un accord de partenariat et de coopération (apc) avec l’Union européenne le 22 avril 1996 (en vigueur depuis le 1er juillet 1999) et se rapproche de l’OTAN depuis 1997 ; elle participe au Partenariat Euro-Atlantique. Elle est membre de plein droit du Conseil de l’Europe depuis le 27 avril 1999. Son adhésion à l’OMC a pris effet le 14 juin 2000.
Situation socio-économique
Après plusieurs années de chaos marquées, sur le plan économique, par une hyper-inflation de type" sud-américain ", la Géorgie a connu, à partir de 1996, une phase de renouveau et une croissance rapide marquée par une sévère désinflation mais freinée par l’impact du krach russe d’août 1998. Le lari, monnaie nationale introduite en 1995, est géré avec rigueur par une banque centrale indépendante qui refuse de financer les déficits publics récurrents. En juin 2000, la Géorgie est devenue membre à part entière de l’Organisation mondiale du commerce. La signature d’une facilité d’ajustement structurel avec le Fonds monétaire international, en février 1996, a inauguré une coopération avec les institutions financières internationales dominée par trois conditionnalités : la recherche de meilleures performances de collecte fiscale, la mise en place d’une politique anti-corruption et, depuis peu, l’exigence d’une stratégie de réduction de la pauvreté. Depuis, le Fonds observe dans ses relations avec la Géorgie une attitude prudente, alternant les coups d’arrêts à ses versements et les décisions encourageantes. Le rythme des versements du Fonds oriente le volume global de l’aide reçue par la Géorgie.
Données de la banque mondiale
Données du FMI
La Géorgie et l’OMC